Association Paléontologique
de Villers-sur-Mer

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Activités - Best of 2019

18h30 : (Salle Bagot) Réunion mensuelle : exposé de Thomas Ingicco (CNRS/MNHN) sur «Peuplements des îles d’Asie du Sud-est », suivi de questions/réponses, 2. Séance de détermination de vos fossiles 3. Pot de l’amitié.

Le 14/09/2019

Exposé sur La Préhistoire du Sud-est asiatique : Un million d’années d’aventure humaine, de Thomas INGICCO (CNRS/MNHN)

La paléontologie humaine a été inventée par Eugène Dubois qui partit découvrir le premier « chaînon manquant » entre l’homme et le singe dans les Indes Orientales (l’Indonésie actuelle), mis au jour le Pithécanthrope en 1891 – aujourd’hui rebaptisé Homo erectus. Plusieurs découvertes majeures d’Homo erectus en Indonésie et en Chine confirmèrent l’importance paléoanthropologique de la région. Près de 130 ans plus tard, à la lumière des nombreuses découvertes récentes, toutes plus spectaculaires les unes que les autres, notre regard se tourne de nouveau vers cette « cinquième partie » du monde qui se répartit sur une aire géographique très large, depuis les formations continentales au nord de l’équateur jusqu’aux archipels volcaniques aux marges de l’océan Pacifique.

Le produit récent des fouilles ont en effet conduit, pêle-mêle, à la reconnaissance d’une diversité jusqu’alors insoupçonnée au sein des hominines, avec les descriptions originales des espèces naines Homo floresiensis et Homo luzonensis, ou encore la démonstration, par les datations, de la cohabitation des Homo erectus et des premiers Homo sapiens sur la petite île de Java. C’est également sous ces tropiques que les traits de la modernité semblent s’épanouir et y apparaissent aujourd’hui comme les plus solides. C’est en Asie du Sud-est, par exemple, que les plus anciennes traces d’art pariétal sont reconnues. C’est en Asie du Sud-est, encore, que l’intensification de l’accès à la mer, mais aussi à la forêt tropicale humide, deux traits de la modernité, se développent et s’enracinent sur le temps long. Enfin, c’est en Asie du Sud-est que la mise en réseaux complexes des sociétés prend tout son sens dans l’échange, l’emprunt et la diversité entre une île appauvrie et une autre.

Cette présentation tentera de faire la synthèse d’une préhistoire régionale originale à la lumière des travaux de terrain les plus récents.

 


18h : Salle de cinéma du Casino de Villers : Conférence de Jean-Pierre Watté sur « Le « Trésor de Rennes-le-Château » : Des œufs de dinosaure ! », suivie de questions/réponses. Tarifs : jeunes -25 ans et chômeurs : gratuit ; adhérents : 3€ ; non-adhérents 5€.

Le 31/08/2019

Résumé. La commune de Rennes-le-Château (Aude) a été rendue célèbre grâce à l’Abbé Saunière (1852-1917) à qui on a attribué la découverte d’un supposé fabuleux trésor.

En 1984, s’y déroula une opération originale : l’étude d’un lieu de ponte de dinosaures grâce à la coopération des Musées d’histoire naturelle du Havre et de Marseille et la collaboration paléontologues-archéologues.

Le décapage « façon préhistoire » en a fourni une vision extraordinaire : il a été possible d’observer le site, tel que l’ont vu, végétation en moins, mamans et bébés dinosaures il y a près de 70 millions d’années. Des files d’œufs, enfouies par des crues successives, des œufs éclos que les poussins dinosaures ont brisés en soulevant la partie centrale du dessus ont ainsi été répertoriés, moulés et prélevés : le côté spectaculaire de l’événement n’a d’égal que l’apport scientifique apporté par cette fouille.

Le conférencier, docteur en Préhistoire, archéologue honoraire du Muséum du Havre, administrateur de l’Association de paléontologie de Villers-sur-Mer, présentera les travaux menés avec son équipe de fouilles formée sur les chantiers qu’il a dirigés en Normandie.


Conférence de Jean-Pierre Watté : « Dolmens et Menhirs: un mystère? »

Le 03/08/2019

 

Résumé : Vers 5 000 ans avant notre ère, commence une période nouvelle, où les hommes cultivent des céréales et élèvent du bétail : c’est le Néolithique.  Devenus sédentaires, ils construisent de grandes maisons de bois et de torchis rappelant les anciennes granges de nos contrées. Ces habitations sont regroupées en villages qui rassemblent un nombre d’hommes suffisamment grand pour élever de lourds monuments de pierre : les dolmens et les menhirs. Les premiers servent de sépultures collectives, les seconds de sortes de poteaux indicateurs de sépultures, de routes, de direction du lever du soleil au solstice d’été …

Les plus anciens datent de la fin du Ve millénaire, les plus récents de la fin du second. Les dolmens étaient toujours recouverts d’une masse de terre ou de pierres, le tumulus. Celui-ci était le plus souvent soigneusement agencé en parements étagés les faisant ressembler à une pyramide à degrés. Leur architecture varie dans le temps ; des spécificités régionales se font jour.

Ces monuments ne sont pas seulement cantonnés à la Bretagne ou au Midi : ils sont également nombreux en Normandie. Au travers de ces édifices, on découvre la vie et la pensée des hommes qui les ont bâtis.

C’est ce que le conférencier nous a montré.

 

Docteur en Préhistoire de l’Université de Paris 1 -Panthéon-Sorbonne, est archéologue honoraire du Muséum du Havre. Rattaché à l’UMR 6566 de l’Université  de Rennes, Jean-Pierre Watté est aussi, entre autres, vice-président  de la Commission Départementale des Antiquités et du Patrimoine de Seine-Maritime, Secrétaire du Centre de Recherches Archéologiques de Normandie et Administrateur de l’APVSM.

 


Conférence de Lionel CAVIN : « L’énigme du cœlacanthe : un « fossile vivant » ?

Le 20/07/2019

Les cœlacanthes font l’objet de recherches menées par un groupe de scientifiques professionnels qui ne dépasse guère une quinzaine de spécialistes dans le monde entier. Après avoir reçu Hugo Dutel pour un exposé sur ce sujet en avril 2013, l’APVSM a bénéficié d’une visite de Lionel Cavin (Genève) qui a bien voulu donner une conférence grand public sur: L’énigme du cœlacanthe : un « fossile vivant » ?.

 

Résumé : Les cœlacanthes sont d’étranges poissons à bien des égards. Alors qu’on les croyait disparus depuis des millions d’années, un spécimen vivant fut capturé près de la côte sud-africaine en 1938. La structure des nageoires de ces poissons ressemble plus à la structure d’un membre de vertébrés terrestres, le bras d’un humain par exemple, qu’à la structure des nageoires des autres poissons, une truite par exemple : ils sont donc évolutivement plus proches de nous qu’ils ne le sont de la truite. Enfin, l’étude des fossiles de cœlacanthes à travers les périodes géologiques montre qu’à de rares exceptions près, leur morphologie générale se transforme peu au fil des millions d’années. Ils sont donc devenus l’emblème des « fossiles vivants », un terme ambigu qui désigne des organismes qui évoluent plus lentement que la moyenne.

Lors de sa présentation, le conférencier a évoqué les récentes découvertes de fossiles de cœlacanthes, avec des révélations sur des spécimens provenant vraisemblablement des Vaches Noires. Il nous a fait découvrir l’histoire d’un cœlacanthe qui ne ressemble à aucun autre et dont les rares fossiles ont été trouvés à 2.700 mètres d’altitude dans les Alpes de la Suisse orientale. Enfin, il a traité de quelques autres représentants de ce groupe de poissons qui vivaient dans les eaux douces du Crétacé aux côtés des dinosaures.

 

Lionel Cavin est paléontologue, spécialiste des poissons fossiles du Mésozoïque. Après des études de biologie à l’Université de Neuchâtel, une thèse en paléontologie à Paris VI, des post-docs et expériences professionnelles au musée des dinosaures d’Espéraza, à l’Université de Mahasarakham en Thaïlande, au Natural History Museum de Londres entre autres, il est depuis 2006 Conservateur des collections de géologie et paléontologie du Muséum d’histoire naturelle de Genève.

Il  vient de publier une monographie sur les cœlacanthes: http://www.lecavalierbleu.com/livre/coelacanthe-poisson-enigmatique/

 

 

 


Sortie fossiles dans les Faluns de Touraine (visite du musée d’un collectionneur, fouille en carrière, dans les vignes et les champs).

Période : du 30/05/2019 au 01/06/2019

 

 

Nous sommes neuf adhérents, dont deux nouveaux, étudiants à l’Université du Mans en 2ème année de SVT, et désirant découvrir le travail de fouille.

 

 

 

La journée démarre par un pique-nique rapide, sous un ciel mitigé, dans la carrière pédagogique de Channay-sous-Lathan.

 

Le repas terminé, nous prenons la direction de la carrière de Saint-Laurent-du-Lin. De nombreuses voitures étaient déjà sur les lieux. Après s’être garé, chacun équipé de son matériel (tamis, pelle, griffe  etc…) prend possession d’un petit coin de fouille dans cette grande carrière tantôt à flanc de coteaux, tantôt sur les chemins, tantôt dans les dépôts de sable. La récolte commence et nous nous déplaçons régulièrement pour chercher d’autres fossiles à d’autres endroits. 

En fin d’après-midi, la fatigue commence à se faire sentir ; alors il est temps de prendre la direction de l’hôtel.  Quant à nos étudiants, résidant à quelques kms des fouilles, ils font la route tous les soirs. 

Après une bonne nuit de sommeil et un bon petit déjeuner, nous nous dirigeons tous vers Luynes, où nous attendent nos hôtes M. et Mme. THUSSEAUD pour une visite commentée de leur musée privé. L’accueil est très chaleureux. Après un échange de cadeaux de la part de l’association et de nousmêmes, M. Thusseaud nous remet un lot de fossiles (spongiaires, oursins et autres), que nous nous partageons. 

 

Puis nous nous dirigeons vers l’ancienne écurie joliment restaurée d’une demeure du XVIIIème siècle où de nombreux fossiles témoins du passé et de l’évolution de la vie de 550 millions d’années à nos jours sont présentés. Nous sommes émerveillés par toutes ces magnifiques pièces parfois très fragiles, parfois de taille imposante. 

 

             

Vers 13h nous partons pique-niquer dans la cave troglodyte, sous un soleil éclatant (les parasols sont de mise). Les plats se partagent (terrine de saumon, asperges vertes, gâteaux, rosé, chinon etc…), un repas très convivial comme entre amis de longue date. 

Nous repartons difficilement continuer nos fouilles  dans la carrière de la veille, étant donné que les fouilles dans les vignes étaient impossibles car elles étaient en cours de sulfatage et les champs inaccessibles pour cause de cultures. En fin d’après- midi, nous retournons à notre hôtel.

La dernière matinée de fouilles se fait sous un soleil écrasant,  puis nous nous séparons sur un dernier pique-nique.

 

 

Au bout de ces trois jours,  tout le monde y trouve son compte dans la récolte : de magnifiques petits oursins, des Scutelles, des  Bryozoaires, des dents de requins, de raies, de daurades, des os de poissons, des Pectens, des Chlamys, des gastéropodes etc…

 

 

 Même une dent de rhinocéros aurait été trouvée le matin par un chercheur avant notre arrivée … Nous rentrons tous, ravis de cette récolte honorable et de cette sortie très ensoleillée.

 

 

Martine & Alain Devillers

  


Sortie à Villerville, le 18/04/19

Le 18/04/2019

 

 

Par une belle matinée ensoleillée, nous nous dirigeons vers le lieu de rendez-vous. Après un pique nique pris sur une place aménagée près de la plage, nous nous dirigeons vers les falaises, en direction de Hennequeville.

Après quelques explications sur la géologie locale, chacun commence ses recherches, dans les marnes ou sur les blocs éboulés. Les trouvailles commencent : des spongiaires (Hallirhoa, Chenendopora..), des nodules de silex à étudier plus tard, du pouding dans lequel nous cherchons des dents (poissons, requins). Plus loin, des bivalves (Arca ?) des gastéropodes, des nérinées, un oursin, un peu écrasé, une Gervillela avec son  empreinte, des trigonies(Myophorella) …

Au cours du trajet, des blocs de silex noirs apparaissent, ils proviennent du recul des falaises côtières. Ces blocs ont donné naissance à l’appellation des « Roches Noires ». Plus loin, des blocs de structure inhabituelle se présentent à nous, échoués sur la plage. Ces blocs présentent une structure cérébroïde en boules et coussins  provoquée par des déformations séismites, avec des figures en cuvette ou en blague à tabac (spécificité de Villerville)  contenant du calcaire ou plus rarement un silex central.

Pas de récolte d’ammonite mais une belle empreinte  sur l’estran, immortalisée par Jean-Marie, et laissée en place pour les futurs randonneurs. Rien d’exceptionnel, mais une belle récolte honorable pour tout le monde qui s’en retourne ravi de cette sortie.

 

Alain & Martine DEVILLERS


excursion à Abbeville, conjointement avec le CRAHN. Sous la direction d’Arnaud Hurel (MNHN), de Pierre Antoine (CNRS laboratoire de géographie physique Meudon) et de Jean-Pierre Watté, visite de deux sites paléolithiques (Carrière Carpentier, site de Moulin Quignon)

Le 09/03/2019

Programme : Sous la direction d’Arnaud Hurel (MNHN), de Pierre Antoine (CNRS, Laboratoire de géographie physique de Meudon) et de Jean-Pierre Watté (préhistorien, membre d’honneur de l’APVSM), visite de deux sites paléolithiques (Carrière Carpentier, site de Moulin Quignon); déjeuner ; visite de l'exposition temporaire Retour à Moulin Quignon au Musée Boucher de Perthes.

 


Arnaud Hurel (MNHN) et Pierre Antoine (CNRS)

 

Haut lieu de l’archéologie mondiale, la vallée de la Somme a joué un rôle majeur dans la reconnaissance de la Préhistoire par la communauté scientifique, française et internationale, dans la seconde moitié du XIXe siècle. De nombreux sites paléolithiques y ont été découverts et fouillés, confirmant la coexistence d’animaux disparus et d’industries lithiques humaines incluant de nombreux bifaces.

Jacques Boucher de Perthes (1788-1868), l’un des pères de la préhistoire, a travaillé sur le site de Moulin Quignon et y a découvert des bifaces,  confirmant l'existence d’un homme préhistorique. Ne manquait qu'un fossile humain pour convaincre les scientifiques du bien-fondé de ses théories. Il y a effectivement "découvert" une mâchoire humaine, prétendument associée à la couche archéologique. Mais un examen scientifique de la mâchoire a révélé la supercherie, ce qui jeta un voile de suspicion sur l'ensemble de son travail et des sites abbevillois. 

Récemment, des scientifiques du CNRS, de l’INRAP et du MNHN ont entrepris de revoir l'ensemble des travaux menés à la fin du XIXe et au début du XXe sur les sites d'Abbeville. Les résultats des prélèvements ont permis de penser qu’au moins une partie du matériel lithique récolté par Boucher de Perthes provenait bien de niveaux fluviatiles datés d’environ 600 000 ans sur le site dit du Moulin Quignon, très proche mais plus ancien que la Carrière Carpentier. Ces pièces constitueraient ainsi les plus anciens témoignages d’une présence humaine dans la vallée.  Afin de le vérifier, l’équipe de scientifiques  entreprit de nouvelles fouilles au "Moulin Quignon" et y a bel et bien trouvé en 2016 et 2017 des objets fabriqués par l'homme.

Ce sont les plus anciennes traces de l'homme préhistorique dans cette partie de l'Europe. Ils datent d'environ - 600 000 ans, c'est-à-dire du paléolithique inférieur.

Une journée riche en enseignements sur l’origine de la Préhistoire, grâce à Arnaud Hurel, Pierre Antoine et  l’exposition du Musée Boucher de Perthes.


18h30 : Réunion mensuelle avec un exposé sur « Les requins », par Jean-Paul BAUT

Le 19/01/2019

Résumé

Présentation de la classe des Chondrichthyens (requins, raies et holocéphales), l’anatomie des requins notamment à travers leurs dentitions, ainsi que leur histoire et leur évolution du Paléozoïque à nos jours. Exposition de diverses mâchoires ainsi que des dents fossiles de requins et évocation de la biocénose et de la thanathocénose, ainsi que d’un chantier de fouille dans la mer stampienne, à Vayres-sur-Essonne.

En guise de conclusion, retour sur l’actuel avec la 6ème extinction (destruction des environnements, espèces menacées).

 

 

 

 

 

45 années d’études de terrain, d’observations et de publications ont amené Jean-Paul BAUT à collaborer de façon systématique avec le milieu scientifique. Il est membre attaché au CNRS UMR CNRS 5125 (PEPS), Université LYON 1 (actuellement UMR 5276). Son récent statut de retraité lui permet d’envisager d’autres projets en partenariat avec ISTeP - UMR 7193 Institut des Sciences de la Terre de Paris et la Réserve Géologique de l’Essonne.